Plan de sobriété énergétique

Dans le contexte actuel de crise énergétique, l’UPPA s’engage dans la mise en place d’un plan de sobriété énergétique. A court terme, l’État demande de réaliser 10% d’économie d’énergie (d’ici 2 ans)...

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Possibles coupures de courant cet hiver : le préfet et Enedis font un point à l’UPPA

Par Bénédicte Lamothe - Direction de la communication

Laurent Bordes, Céline Vautrelle, Théophile de Lassus, Louis de Fontenelle, Nicolas Rebière (cliquer pour agrandir).
Laurent Bordes, Céline Vautrelle, Théophile de Lassus, Louis de Fontenelle, Nicolas Rebière (cliquer pour agrandir).

Le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques, Julien Charles, le sous-préfet Théophile de Lassus, et la directrice régionale Pyrénées-Landes d’Enedis Céline Vautrelle ont participé le 23 novembre 2022 à une table ronde à l’UPPA organisée par notre laboratoire de recherche TREE (TRansitions Energétiques et Environnementales).

Cette table ronde, animée par Nicolas Rebière, rédacteur en chef de La République des Pyrénées, avait pour objectif de clarifier les raisons des possibles coupures d’électricité en France cet hiver (délestages) et de préciser les modalités de leur mise en œuvre.

Elle avait également pour participants Frédéric Wurtz, directeur de recherche CNRS en génie électrique à Grenoble, et Louis de Fontenelle, enseignant-chercheur en droit de l’énergie à l’UPPA.

Laurent Bordes, président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), a indiqué en ouverture que les universités représentent 30% du patrimoine de l’État, et que les équipements liés à la recherche sont d’importants consommateurs d'énergie. Les serveurs liés au système d’information également, mais, depuis plusieurs années, un travail a été fait sur nos campus pour rassembler tous les serveurs au même endroit et ainsi être « le plus vertueux possible ». Le président a également souligné le travail de coordination engagé avec la préfecture dans la mise en place d’un Plan de Continuité d’Activité qui sera activé en cas de délestage sur les campus de l'UPPA.

Le préfet Julien Charles, qui a pris ses fonctions en Pyrénées-Atlantiques le 24 octobre dernier, a expliqué que la situation est notamment liée au fait qu’une partie du parc français de centrales nucléaires est indisponible en raison de révisions ou de micro-fissures. Et ce en conjonction avec un ralentissement du développement d’autres formes de production d’électricité (éoliennes, méthanisation, hydraulique).

Éviter le blackout

Tout l’enjeu est d’éviter le « blackout », terme anglais pour « coupure de courant », qui se produit lorsque la production en électricité est insuffisante par rapport à la consommation, notamment en cas de grand froid (pour chaque degré de température que l’on perd en dessous de 15°C, c’est 2,4 GW/h de consommation en plus, a indiqué Frédéric Wurtz, directeur de recherche à Grenoble). Il s’agit d’un « crash complet » pendant plusieurs jours, voire semaines, avant que le service puisse être remis en état de fonctionnement, a mis en garde la directrice régionale d’Enedis.

Le représentant de l’État a souligné que si « la crise impose son tempo », il n’en reste pas moins que « gouverner c’est prévoir », et donc que la France se prépare depuis plusieurs mois. Tout d’abord en cherchant à produire plus d’électricité et en incitant à consommer moins : rénovation énergétique des bâtiments, plan de sobriété énergétique, campagne de communication « Chaque geste compte » (chauffage à 19°C, eau chaude sanitaire à 55°C, ne pas laisser les appareils électriques en veille ni les utiliser aux heures de pointe). De plus, la France est interconnectée avec les autres pays de l’Union Européenne qui peuvent compléter notre approvisionnement en électricité, notamment notre partenaire historique l’Allemagne.

Ecowatt, un indicateur national relayé dans les médias

Un système d’alerte, relayé dans les médias, a été mis en place : l’indicateur “écowatt” vert, orange ou rouge. Au niveau de la chronologie, c’est RTE (Réseau de Transport d’Électricité à haute tension) qui déclenche le signal rouge trois jours avant un risque majeur de délestage. Il faut savoir que ce dernier peut être évité jusqu’au dernier moment. Tout le monde est alors appelé à modérer sa consommation. Il peut être décidé d’importer du courant et demandé aux industriels les plus consommateurs de « s’effacer ».

Enedis (anciennement ERDF), le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité en France, va également réduire légèrement la tension du réseau (5%) : les ampoules éclaireront un peu moins, les portables mettront un peu plus de temps à charger et l’eau à bouillir. Cela ne changera pas grand-chose pour le particulier mais permettra d’économiser à l’échelle de la France l’équivalent de la consommation des villes de Toulouse et Paris.

Le délestage en pratique

Si tous ces efforts ne suffisent pas, alors des délestages seront organisés. Il s’agit de coupures de courant tournantes de 2h, entre 8h et 13h et 17h30 et 20h30, du lundi au vendredi uniquement. Les zones concernées seront indiqués la veille à 17h par l’application Écowatt. Des sites internet permettront également de savoir quelles adresses sont concernées.

Le sous-préfet a souligné qu’un décret de 1990 précise ce qui ne doit jamais être privé d’électricité : hôpitaux, industrie de la défense, bases militaires, éclairage public dans les quartiers compliqués, etc. La préfecture identifie en amont les établissements qui ne seront pas délestés, en incluant les entreprises gravement compromises en cas de casse de matériel liée à une coupure de courant et en excluant celles dont les groupes électrogènes sont suffisants. Ces établissements doivent représenter au maximum 38% de la consommation électrique totale de chaque département. En Pyrénées-Atlantiques, ils sont au nombre de 137.

Pour les délestages, c’est Enedis qui décide du zonage et déconnecte physiquement les câbles. Si des habitations sont reliées au même câble qu’un hôpital par exemple, elles ne seront jamais concernées. Pour les « patients à haut risque vital » dépendant d’une machine et vivant à leur domicile, Enedis s’engage à les contacter personnellement s’ils sont concernés par un délestage.

En conclusion de la table ronde, Louis de Fontenelle, rejoint par le directeur du laboratoire TREE Xavier Arnauld de Sartre, a remarqué qu’on assiste actuellement à un véritable changement de paradigme : le consommateur devient acteur du bien public, il a désormais une part contributive. Demander des efforts à l’usager est quelque chose d’inédit, et pour que cela soit plus facilement accepté, il faut que la mesure soit juste et expliquée.

Voir la page consacrée au plan de sobriété énergétique de l’UPPA