Biomatériaux et cancer du seinRetour sur l’école d’été BOTS 2026

Par IPREM - Susana De Matos Fernandes, Hélène Josse

Du 15 au 18 juin 2026, l’école d’été du projet européen BOTS (Biomaterials for 3D Breast Tumor Cultures) a réuni à Anglet étudiants, doctorants et chercheurs internationaux autour des avancées récentes en biomatériaux et modèles tumoraux 3D. Cette formation intensive a permis d’explorer les enjeux du microenvironnement tumoral, du développement de biomatériaux pour la culture d’organoïdes et des nouvelles approches pour la recherche sur le cancer du sein.

Du 15 au 18 juin 2026, l’Institut des Sciences Analytiques et de Physico-Chimie pour l’Environnement et les Matériaux (IPREM), en partenariat avec plusieurs établissements européens, a organisé à Anglet l’école d’été du projet BOTS (Biomaterials for 3D Breast Tumor Cultures). Cet événement scientifique international a réuni étudiants de master, doctorants, jeunes chercheurs et spécialistes issus des domaines de la biologie, de la chimie, de la science des matériaux, de l’oncologie et de la biotechnologie biomédical.

Organisée dans le cadre du projet européen Interreg Atlantic Area - BOTS, cette école d’été avait pour objectif de présenter les avancées les plus récentes dans le développement de biomatériaux destinés à la culture tridimensionnelle de tumeurs mammaires. Le projet vise notamment à concevoir des hydrogels innovants permettant de mieux reproduire le microenvironnement tumoral et ainsi d’améliorer les modèles expérimentaux utilisés pour l’étude du cancer du sein.

L’organisation scientifique de l’événement a été assurée par Rizlene Bouhaya, Virginie Pellerin, Arnaud Petitpas, Salomé Huart, Maxime Sestiaa, Laurent Rubatat et Susana Fernandes. L’école a bénéficié du soutien des partenaires académiques du consortium BOTS, parmi lesquels l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), l’Université de Bordeaux, CIC bioGUNE, l’Université de Porto et le Royal College of Surgeons in Ireland.

Pendant quatre jours, les participants ont suivi un programme intensif combinant enseignements théoriques, conception de projets (Creathon), moments d’échanges scientifiques et d’évènements conviviaux. Les interventions ont porté sur plusieurs thématiques majeures : la compréhension du microenvironnement tumoral ; les approches bio-inspirées pour le développement de biomatériaux ; la conception de biomatériaux mimant les tissus natifs ; le développement et la culture d’organoïdes et de tumoroïdes en trois dimensions ; l’utilisation de ces modèles pour le criblage de médicaments ; les perspectives offertes par la médecine personnalisée dans le traitement du cancer.

L’un des objectifs centraux de l’école était de montrer comment les biomatériaux permettent de reproduire les signaux biologiques, chimiques et mécaniques présents dans les tissus vivants. Ces modèles 3D constituent aujourd’hui des outils essentiels pour mieux comprendre la progression tumorale, évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies et réduire les limites des cultures cellulaires conventionnelles en deux dimensions.

Pendant quatre journées intensives et collaboratives, les participants ont pris part à un Creathon consacré à la résolution d’un défi majeur dans le domaine des biomatériaux. Des équipes pluridisciplinaires se sont inspirées de la nature pour concevoir des solutions créatives visant à améliorer la vascularisation des biomatériaux. Le Creathon a démontré l’importance de la collaboration interdisciplinaire et du biomimétisme pour relever des défis biomédicaux complexes, tout en mettant en lumière la créativité des participants.

En parallèle du programme scientifique, une conférence grand public s’est tenue le 15 juin à Biarritz autour de la question : « Peut-on traiter le cancer du sein avec les anti-androgènes ? ». Cette conférence a été animée par le Professeur Richard Iggo (BRIC – Université de Bordeaux) et suivie d’une table ronde associant des représentants de la Ligue contre le cancer et de l’association Les Battements d’Elles, favorisant ainsi le dialogue entre chercheurs, professionnels de santé, patients et grand public.

Cette école d’été a illustré la dynamique internationale du projet BOTS et la volonté de ses partenaires de favoriser les échanges interdisciplinaires autour des biomatériaux et de la recherche contre le cancer. Elle a également permis aux jeunes chercheurs de bénéficier d’un environnement de formation privilégié, au croisement de la science des matériaux, de la biologie cellulaire et de l’oncologie, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques pour le cancer du sein.