Nanoplastiques et santé : des chercheurs de l’IPREM ont participé à une étude remarquéeLes nanoplastiques ingérés auraient un effet différent sur la santé en fonction du type de régime alimentaire

Une équipe de chimistes INRAE/Université de Toulouse, CNRS/Université de Pau et des Pays de l’Adour, et de l’Université de Lille a étudié l’impact des nanoplastiques dans l’alimentation chez la souris. Elle a publié en décembre 2025 des résultats prometteurs dans la revue Environmental Science: Nano, éditée par la Royal Society of Chemistry à Londres.
Les chercheurs ont pu montrer qu’une exposition pendant 90 jours à faible dose à des nanoplastiques de polystyrène (présents dans les emballages alimentaires), dépourvus d’additifs chimiques pour ne pas fausser les résultats, induit des effets sur l’intestin et le foie qui sont fortement modulés par le type de régime alimentaire (régime équilibré vs. régime riche en graisses et sucres dit régime « occidental »).
Les principaux résultats de l’étude :
- Une prise de poids accrue : les souris nourries avec un régime gras et sucré grossissent davantage lorsqu’elles sont exposées, via leur eau de boisson, à une concentration intermédiaire de nanoplastiques (1 mg/kg) que les autres souris non exposées aux nanoplastiques et ayant le même régime alimentaire qu’elles.
- Une aggravation du métabolisme des graisses au niveau du foie : l’exposition à de faibles doses de nanoplastiques (0,1 mg/kg) perturbe le métabolisme des graisses sous les deux régimes alimentaires, et aggrave l’intolérance au glucose sous régime occidental.
- Un affaiblissement des défenses intestinales : chez ces mêmes souris exposées à de faibles doses de nanoplastiques, l’activité de la lysozyme, une protéine impliquée dans l’immunité, diminue fortement.
- Des altérations cellulaires : les faibles concentrations (0,1 et 1 mg/kg) modifient l’expression de gènes liés à la barrière intestinale, surtout avec une alimentation occidentale. La perméabilité intestinale n’était pas encore augmentée lors de l’étude, qui a duré 3 mois, mais les chercheurs estiment qu’une exposition plus longue pourrait fragiliser cette barrière.
- Des effets paradoxaux sur le microbiote : la diversité du microbiote diminue particulièrement chez les souris ayant une alimentation saine exposées à de faibles doses. Chez celles ayant déjà un régime déséquilibré, l’effet est moins marqué, probablement parce que leur microbiote est déjà altéré.
- Autre point surprenant : les effets négatifs sont plus visibles à faible dose qu’à forte dose (10 mg/kg). Les chercheurs pensent que, à forte concentration, les nanoplastiques s’agrègent entre eux, ce qui limiterait leur interaction avec l’intestin.
Ainsi, les chercheurs ont pu montrer que l’impact des nanoplastiques sur la santé dépend du régime alimentaire du sujet. Une alimentation riche en gras et en sucre aggraverait certains effets liés aux nanoplastiques ingérés (prise de poids supplémentaire, moins bonne immunité), particulièrement à faible dose.
Lire le communiqué sur le site d’INRAE
Référence de la publication scientifique
(en gras les auteurs de l'IPREM, unité mixte de recherche UPPA/CNRS)
Chloé Liebgott, Melanie Mobley, Sophie Miguel, Valérie Bézirard, Catherine Beaufrand, Javier Jiménez-Lamana, Rémi Dages, Marie Tremblay-Franco, Roselyne Gautier, Jordan Denis, Renaud Léonard, Grégory Da Costa, Catherine Robbe-Masselot, Mathias Richard, Cécile Canlet, Bruno Grassl, Stéphanie Reynaud, Hervé Robert, Hélène Eutamenea et Muriel Mercier-Bonin
A Western-style diet shapes the gut and liver responses to low-dose, fit-for-purpose polystyrene nanoplastics in mice
Environmental Science: Nano - 2025