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Université de Pau et des pays de l'Adour

Paroles d'étudiants : Licence Physique-Chimie

Cyril

Analyste quantitatif, Riskdata, Paris

"Ce métier est souvent le moyen d’entrer dans la banque…"


Cyril fait partie des étudiants au parcours atypique. Après avoir effectué sa licence de Physique à Pau, il s’est également spécialisé en mathématiques. "J’ai fait un master de Mathématiques à l’Université Paris-Dauphine qui se faisait en partie à l’ENSAE (Ecole de la Statistique et des Administrations Economiques) et un master de physique à Jussieu." Actuellement, il termine sa thèse en mathématiques à l’ENS Cachan. "Ma thèse s’effectue en quasi totalité en entreprise, chez Riskdata, une compagnie qui crée un logiciel de gestion des risques particulièrement adapté pour des fonds fortement spéculatifs (Hedge-Funds)."

Cyril est analyste quantitatif. "On fait de la recherche, en utilisant un très grand nombre de données, pour prédire plusieurs types de risques dans un environnement de marché." En finance de marché, on ne peut pas connaître l'évolution des marchés mais on peut prédire le risque par des méthodes statistiques. "Mon métier consiste à créer des outils pour faciliter la prise de décision des traders au moment des investissements et à surveiller ensuite l'évolution de leurs investissements."

Son métier se décompose en 2 parties. D’un côté, Cyril fait du "Pricing d'instruments financiers" : "pour chaque instrument, on va essayer de déterminer le prix d’un instrument et son risque. On se base sur des modèles dits stochastiques, souvent issus de la physique (Equation de la chaleur par exemple), des méthodes de simulation souvent utilisées en physique ou des modèles issus de l’économétrie."

Mais, la partie à laquelle il consacre le plus de temps, c’est essayer de découvrir le risque caché dans les Hedge-Funds en utilisant seulement les rendements des fonds. "En général pour investir dans un Hedge-Fund des sommes très importantes, les investisseurs sont heureux de bénéficier d’outils capables de prédire leurs risques. Avec les outils que nous développons, nous sommes capables de sélectionner les bons fonds et d’éliminer les mauvais." L’outil devient donc, non seulement un outil de risque, mais aussi un outil de sélection de portefeuille très utile au moment du processus d’investissement.

Pour exercer son métier Cyril précise qu’un bagage technique est indispensable : "il faut en général avoir fait une grande école ou fait une thèse en mathématiques ou physique ou statistiques ou dans une université reconnue avec des directeurs de thèses connus dans la profession. Autres compétences : savoir coder dans plusieurs langages informatiques." A cela s’ajoutent, la pratique de l’anglais, l’organisation et une grosse capacité de travail.

Sa double compétence technique en mathématiques et physique est appréciée. "La voie qui commence à devenir le plus en plus à la mode auprès des recruteurs est celle que l’on appelle les ‘éconophysiciens’ : des docteurs en physique théorique. Avec une thèse en physique théorique, on a souvent vu des gens se faire embaucher alors qu’ils n’avaient pas ouvert le moindre livre de finance de leur vie."

Selon lui, les avantages sont surtout au niveau du salaire mais pas seulement. "Intellectuellement c’est très intéressant car je touche plusieurs sciences (économétrie, physique, maths), mais aussi ça permet de comprendre l’économie. On travaille dans un environnement international : chez moi il y’a des Indiens, des Chinois, des Anglais, des Américains, des Croates, des Russes…" Les inconvénients ? "Les horaires de travail et le stress."

Pour faire ce métier Cyril conseille de faire des maths et/ou de la physique théorique. "Ce métier est souvent le moyen d’entrer dans la banque, certain deviennent traders, d’autres structureurs (plus en relation avec les clients), sales (vendeurs)."