Les étudiants du master Agrobio se mobilisent pour participer à une conférence internationale sur les méthodes alternatives en protection des cultures
En juin dernier, le Conseil de la recherche en sciences et techniques (CRST) par un message de sa présidente, le professeur Anna Chrostowska, prévenait les porteurs de mention des masters sciences et techniques qu’une action de soutien sous forme d’une dotation financière étaient accordées à ces formations dans le but « d’augmenter l’attractivité et la visibilité de nos masters » et « d’améliorer la qualité de l’accueil de nos étudiants ».
Au début de l’année universitaire, il a été proposé aux étudiants du master deuxième année (M2) de la spécialité agrobio du master sciences et techniques, mention biologie, de l’UPPA, de participer à un congrès international dont la thématique est particulièrement pertinente pour cette spécialité. Il s’agit de la 4ème conférence internationale sur les méthodes alternatives en protection des cultures qu’organise l'association française de protection des plantes (AFPP) à Lille, du 8 au 10 mars 2011.
Cette manifestation se propose de dresser un bilan des initiatives et des résultats des méthodes alternatives utilisées actuellement pour la protection des cultures. Le Grenelle de l’environnement qui s’est tenu en octobre 2007 a impulsé une dynamique forte pour promouvoir le développement durable à travers une démarche environnementale prenant en compte la réduction des pollutions, la restauration de la biodiversité, l’amélioration de l’efficience énergétique et la diminution des gaz à effet de serre. Parmi les plans d’action qu’il a généré, la mise en place du plan « écophyto 2018 » a pour objectif de réduire les quantités de pesticides employées de 50% sur un espace de 10 ans. C’est dans ce nouveau paysage, qui place les méthodes alternatives au cœur de la réflexion sur la conjugaison de pratiques agricoles plus respectueuses de l’équilibre environnemental que se situe cette 4ème conférence internationale sur les méthodes alternatives. Le précédent congrès sur ce thème s’était déroulé en 2006.
Les différents thèmes abordés concernent l'ensemble des moyens alternatifs pour les cultures de plein champ et sous abris. Plusieurs sessions sont consacrées aux moyens alternatifs actuels et le bilan de leur utilisation, mais aussi aux moyens alternatifs en cours de développement, que se soient la création variétale qui permet aux plantes de mieux résister à leurs bioagresseurs, l’utilisation de phéromones ou d’extrait botaniques, les produits de stimulation des défenses naturelles des plantes (SDN), la lutte biologique classique par emploi d’entomophages parasitoïdes ou prédateurs ou de micro-organismes, ainsi que la lutte physique. Le cadre législatif et réglementaire européen en la matière a évolué récemment. Aussi est-il apparu important d’y consacrer une session se penchant sur les nouvelles exigences réglementaires communautaires et nationales en matière de protection des cultures. Elles visent à réduire les quantités de pesticides chimiques et à favoriser l’emploi de biopesticides ou agents de biocontrôle, de « préparations naturelles peu préoccupantes » (PNPP) et de produits à faibles risques, ainsi qu’à promouvoir le développement d’outils d’aide à la décision (OAD) pour la gestion des risques. Une réflexion sur les stratégies innovantes dressera, le 3ème jour, le bilan et aussi un inventaire des méthodes de gestion des bioagresseurs en grandes cultures, en arboriculture ou cultures légumières, dans le cadre de la production biologique ou intégrée. A côté des cycles de conférences et communications orales ou sur supports affichés, une session est consacrée à l’aspect terrain. Des visites sont consacrées à la découverte d’une station expérimentale, la présentation d’une ferme d’un lycée agro-environnemental, ou encore l’escalade de terrils réhabilités, les plus hauts d’Europe, au cours d’une évocation historique qui s’appuie sur l’évolution de la faune, de la flore, et du paysage du site.
L’examen de ce vaste panorama des pratiques actuelles, des succès et des échecs des méthodes alternatives, est possible grâce aux communications (plus de 120), qui ont été proposées par tous les acteurs de la profession. Cette manifestation, qui attend 450 participants, sera, comme tous les colloques de l’AFPP, un lieu d’échanges internationaux entre toutes les parties prenantes de la filière de la protection des plantes, chercheurs, enseignants, praticiens, agents de développement et des services officiels, mais aussi étudiants. En effet, ce colloque a privilégié, par des conditions particulièrement avantageuses (inscription à prix coûtant), l’accueil des étudiants. Plusieurs promotions d’écoles d’ingénieurs ou universitaires se sont déjà inscrites.
C’est dans ce cadre que les étudiants agrobio de l’UPPA se sont mobilisés avec beaucoup d’enthousiasme. En effet, l’aide accordé par le CRST, déterminante, n’était pas suffisante pour couvrir l’ensemble des frais liés au voyage.
Un noyau d’étudiants s’est constitué pour reprendre le flambeau de l’association ADONIS, créée il y a une quinzaine d’année par les étudiants du DESS "Protection et valorisation du végétal". Puis, les étudiants n’ont pas ménagé leur peine pour réunir les fonds nécessaires. Des contacts avec différentes sociétés du secteur phytosanitaire, des technologies végétales et des semences ont été entrepris. Ils ne se sont pas découragés par les premiers refus ou l’indifférence polie. Ils ont enfin réussi à convaincre plusieurs sociétés qui, apportant de modestes oboles s’additionnant les unes aux autres, ont permis d’atteindre le seuil minimal leur permettant de finaliser le projet. Merci aux sociétés Euralis (Lescar), Cotésia (Lucq de Béarn) et Promovert (Serres-Castet) pour leur participation. L’association ADONIS a aussi organisé, avec l’association AMDA (Association des masters et doctorants de l’Adour), une soirée pour récolter quelques fonds supplémentaires, soirée à laquelle ont participé les étudiants de différentes spécialités de masters mais aussi une partie de l’équipe pédagogique du master bio. La base du financement étant acquise, ils préparent maintenant leur voyage. Mais si un ultime et généreux mécène se fait connaître, ils auront un budget un peu moins serré.
C’est en tout cas un bel exemple de dynamisme que nous donnent les étudiants Agrobio. Leur participation au congrès de Lille constituera pour eux un merveilleux tremplin pour une insertion professionnelle réussie. Leur action, sans aucun doute, contribue à renforcer l’image de marque de nos masters sciences et techniques de manière très positive.






