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Université de Pau et des pays de l'Adour

Pau - Littérature : colloque, "La réception des troubadours aux XIIIe-XVe siècles (oc et oïl)", 15 et 16 novembre 2012

Le Centre poétique et histoire littéraire (CRPHL) de l’UPPA organise un colloque, La réception des troubadours aux XIIIe-XVe siècles (oc et oïl), qui se déroulera au Château de Pau les 15 et 16 novembre 2012.

Dès sa formation, l’univers des troubadours s’est constitué sur le principe d’une autoreprésentation, fondée sur les lectures et les interprétations que les troubadours ont livrées des oeuvres de leurs pairs. L’oeuvre des troubadours, riche d’échos intratextuels, l’est aussi de jugements que certains poètes ont porté sur la manière ou les choix éthiques des autres (Marcabru et Guillaume IX, sirventès sur les douze troubadours...), affirmant ainsi leur singularité et préparant l’imagerie qui se fixe à partir du XIIIe siècle, fondée sur une lecture biographique des chansons. Celle-ci suscite différents personnages : poète, amant, chevalier, bourgeois, etc., autant de rôles qui prendront vite corps dans des espaces narratifs complexes : romans français (tel Joufroi de Poitiers, ou les romans à insertions), vidas et razos.

Cette image se précise au fur et à mesure que la réalité même du monde troubadouresque se dégrade et s’éloigne, tant chronologiquement que géographiquement, au-delà même du XIIIe siècle, en France, en Italie ou en Catalogne. C’est au territoire de la France d’oc et d’oïl que voudrait plus particulièrement se consacrer ce volet d’études, sans s’interdire les rapprochements pertinents avec les autres territoires de la Romania.

La poésie des troubadours ne fournit pas aux générations suivantes que des canevas narratifs riches en développements romanesques. Leur oeuvre même, en tant que texte, gagne aussi le statut de référence culturelle, ce qui fait des mêmes artistes l’équivalent d’auctoritates modernes, auxquels il est possible de se rapporter comme à des garants de l’idéal courtois, en matière à la fois d’éthique et de convention littéraire. Ce statut se précise donc à la fois très tôt dans les novas et par la suite dans les différents traités qui furent consacrés à leur poésie vue comme norme (Razos de trobar, Ensenhamens).
Investigations musicologiques et iconographiques seront l’occasion de préciser la manière dont se fixe la représentation des troubadours au cours du Moyen-Âge.