Résultats enquête logement étudiant : trois quarts des étudiants de l’UPPA n’habitent plus chez leurs parents
Une enquête par sondage sur le logement des étudiants a été menée en décembre 2011 par les étudiants du master "Chargé d’études économiques et de marché", pour le campus de Pau, et par les étudiants de 3ème année de licence économie-gestion de Bayonne, pour le campus Côte basque. Cette enquête a été menée dans le cadre de leurs enseignements sur la méthodologie des enquêtes statistiques avec, pour l’analyse des résultats, l’appui de l’option statistique de la licence économie-gestion 3ème année de Pau.
Un échantillon de 1321 réponses exploitables a été ainsi constitué. Sur cet échantillon, la proportion d’étudiants vivant hors de la cellule familiale, les « décohabitants », est de 75%. C’est nettement supérieur à la moyenne française mesurée dans l’enquête nationale de l’Observatoire de la Vie Etudiante (67%) et typique d’une région moins urbanisée que les grandes métropoles universitaires françaises. Une enquête similaire réalisée en région parisienne à l’université de Cergy-Pontoise, par exemple, montre des proportions exactement inverses, avec ¾ d’étudiants vivant chez leurs parents.
La décohabitation s’observe même chez les étudiants les plus jeunes : 65% des étudiants de licence 1ère année ont déjà quitté le foyer familial.
Le premier facteur explicatif est l’éloignement du domicile parental. Pour les étudiants du bassin de recrutement de l’UPPA, la distance aux sites de formation est souvent trop élevée pour permettre de faire le trajet tous les jours : décohabiter est alors une nécessité qui s’impose aux parents comme aux enfants et modifie de façon radicale les conditions de vie et d’études.
L’insuffisance des transports en commun aggrave la situation. Si on considère le temps de trajet et non la distance, on observe que, tout comme en Île de France, le domicile parental est à plus de 45 mn du lieu d’études pour environ la moitié des étudiants de licence et master. Mais, dans cette situation d’éloignement l’étudiant de l’UPPA, privé de transport en commun, n'a d’autre choix que de prendre sa voiture. Perte de temps, perte d’argent, cette solution s’avère finalement moins praticable qu’un logement indépendant sur le lieu d’études.
Car par ailleurs les conditions de location sont relativement propices à l’émancipation : par comparaison aux grandes villes universitaires, Pau dispose d’un parc immobilier de qualité et plutôt bon marché (loyer médian : 343€ par étudiant). Même sur la côte basque les prix des locations étudiantes (400€ par étudiant) restent inférieurs à la plupart des villes universitaires. La question financière suffirait ainsi à expliquer le fort taux de décohabitation à l’UPPA : dans un grand centre urbain, une heure de trajet pour se rendre à la fac revient bien moins cher qu’un loyer, mais ce n'est certainement pas le cas pour un étudiant du sud aquitain ! De plus, l’accès au logement est plus aisé : 20% seulement des étudiants décohabitants indiquent avoir eu des difficultés à trouver un logement, contre 30% en moyenne nationale et 50% en région parisienne.
L’éloignement du domicile parental est cause de décohabitation forcée. Mais lorsque les parents résident près ou à distance raisonnable du campus, pourquoi décide-t-on de quitter le foyer familial ?

Pour mesurer la distance, une codification très sommaire a été retenue. Elle s’appuie sur les zonages d’études de l’INSEE. Très grossièrement, « près » signifie «à moins de 30 km » du campus, et « accessible » correspond à moins de 50/60 km.
En dehors de la distance, trois critères influent de façon significative sur la décohabitation :
- le campus, avec une nette tendance des étudiants de la côte basque à rester plus longtemps chez leurs parents, toutes choses égales par ailleurs. Les loyers, plus chers qu’à Pau, contribuent sans doute à retenir ces étudiants dans leur famille.
- le fait d’être boursier, qui favorise l’émancipation,
- l’âge. L’émancipation est progressive, mais un palier est franchi à 20 ans. La décohabitation dite « de voisinage », celle des étudiants dont les parents habitent à proximité de leur lieu d’étude, concerne 22% des étudiants de moins de 20 ans et passe à 31% pour les 20 ans et plus.
Le désir d’indépendance est difficile à concrétiser lorsque les parents vivent à proximité du campus et un tiers des étudiants qui vivent chez leurs parents indiquent clairement que ce n’est pas par choix.
Lorsqu’ils quittent le foyer familial, les étudiants habitent le plus souvent seuls dans un appartement loué, ou en résidence universitaire. Cependant, comme ailleurs, la colocation s’est fortement développée à l’UPPA : ces « ménages sans famille » atteignent un niveau comparable à la moyenne nationale.

Le parc de résidences universitaires semble mieux adapté aux besoins que dans d’autres régions puisque selon les résultats de notre échantillon, 15% des étudiants de l’UPPA résident dans des logements du CROUS, contre 7% seulement au niveau national. Ces étudiants se disent moyennement satisfaits de leur hébergement, même si les appréciations sont meilleures que la moyenne nationale sur presque tous les critères.
Lorsqu’ils choisissent de prendre leur envol en quittant le domicile familial alors qu’ils n’y sont pas forcés par l’éloignement, les étudiants deviennent réellement indépendants de la cellule familiale : 40% des décohabitants dont les parents sont « près » ne vont jamais ou très rarement dormir le week-end dans leur famille. A l'inverse, les deux-tiers de ceux dont le domicile est « accessible » rentrent chez eux tous les week-ends. Les contingences matérielles ne sont pas absentes de cet attachement puisque 93% des étudiants qui rentrent tous les week-ends en profite pour laver (faire laver ?) leur linge.






