Bayonne/Pau - IAE : la santé au coeur des débats lors d'un séminaire du CREG, le Centre de recherche et d'études en gestion de l'UPPA
La séance du 19 mai dernier a porté sur les problématiques actuelles en management de la santé. Dirigées par M.
Gautier, directeur du centre hospitalier de Pau et professeur associé à l’UPPA, les présentations ont été axées sur les questionnements suscités par l’évolution et les réformes du secteur hospitalier. En guise de réflexion introductive, M. Gautier a présenté un exposé de synthèse portant le titre : « L’hôpital entre concurrence et coopération : le paradoxe français ».
Cette présentation a eu pour objectif de présenter les principaux enjeux des organisations hospitalières, en abordant plus particulièrement le thème de la réforme de la tarification, de l’organisation interne de l’hôpital et celui des coopérations. La volonté des pouvoirs publics d’endiguer la croissance des dépenses de santé a donné naissance, en 2005, à un mode de financement des établissements, non plus basé sur une enveloppe globale, reconduite chaque année, mais sur une tarification à l’activité (T2A). Cette réforme a voulu mettre en place un cadre unique de facturation des activités hospitalières publiques et privées, basé sur la nature et le volume des activités. Les établissements se voient ainsi financés à la hauteur du volume des soins apportés. La T2A est un point important de la « nouvelle gouvernance hospitalière », mise en place par les ordonnances de mai et septembre 2005. Dorénavant, ce sont les recettes issues des activités hospitalières qui déterminent les dépenses et non plus l’inverse.
Ce modèle, de type entrepreneurial, modifie très largement la logique du financement de ces organisations. De ce fait, des questions associées à toute entreprise de type commercial peuvent se poser. En effet, une contrainte très forte des établissements de soins est bien l’équilibre financier. Il est très important qu’un hôpital ne fasse pas apparaître un déficit financier. Quelles sont alors les marges de manœuvre que peut avoir un établissement de service public, par rapport à un établissement du secteur privé ? A cela s’ajoute la question de la convergence des tarifs de remboursement entre le secteur public et privé. Jusqu’à aujourd’hui, il existe une différence dans le financement des actes selon les secteurs concernés. Le secteur public reçoit plus que le secteur privé pour un acte donné, car les coûts supportés par ce secteur, du fait qu’il doive remplir une mission de service public, sont plus lourds (les soins doivent être offerts de manière continue et pour tous les patients). La contrainte des urgences par exemple, ou la disponibilité de blocs opératoires, impérative en cas d’accident grave et par nature imprévu, coûtent chers mais sont, de fait indispensables dans une logique de service public. Or, un sujet largement débattu actuellement, est bien celui de la convergence entre les tarifs publics et les tarifs privés. Quelle sont alors les limites de cette politique de convergence, dès lors que l’on tient compte de ces fortes contraintes attachées au service public ?
Les questions relatives à la répartition des soins sur le territoire et à la nouvelle gouvernance de l’hôpital ont également été introduites à la réflexion.
Un second exposé portant sur l’intérêt particulier que représente le secteur de la santé pour le chercheur en gestion est alors proposé par Isabelle Franchisteguy-Couloume (maitre de conférences en sciences de gestion à l’UPPA). Des questionnements autour de l’hôpital perçu comme une entreprise productrice de soins (quels points communs, quelles différences par rapport à une approche industrielle), autour aussi du manager au sein de l’hôpital (au travers des différents rôles des médecins, cadres soignants, directeurs) ont alors été présentés. Sandrine Cueille-Renucci (maitre de conférences en sciences de gestion à l’UPPA) a poursuivi en montrant l’intérêt d’une réflexion qui peut être portée sur le développement des pôles à l’hôpital et plus largement sur le développement de nouveaux modes d’organisation. Enfin Emmanuelle Cargnello-Charles (directrice de recherche en sciences de gestion à l’UPPA) a conclu sur des questionnements possibles en contrôle de gestion portant sur la perception de la performance par les acteurs mais aussi sur les outils de gestion développés dans les établissements de soins.
L’ensemble de ces présentations montre l’étendue possible du champ des réflexions associées au secteur de la santé par les chercheurs du CREG. En témoigne la vivacité du débat qui a suivi, et la diversité des questions posées par les participants. Il est à souligner aussi les ponts possibles entre ce secteur particulier et celui des collectivités territoriales et universitaires, autres objets de recherche particulièrement étudiés par les chercheurs du CREG.






