Colloque "Tsiganes, nomades : un malentendu européen, le cas de la France"
Jeudi 24 et vendredi 25 novembre 2011
A la suite des rencontres Tsiganes, nomades : un malentendu européen, qui se sont déroulées à Paris du 6 au 9 octobre derniers, et qui s’inscrivaient dans une dimension européenne, un colloque consacré plus spécifiquement au cas de la France se déroulera à l’université de Pau et des Pays de l’Adour les 24 et 25 novembre 2011, à la maison de l'étudiant.
La situation française revêt en effet un caractère particulier : depuis le début du XXème siècle, un certain nombre de lois qui portent non pas sur les « Tsiganes » mais sur les « nomades » provoquent, de fait, d’incessantes confusions peu conformes aux principes de la République entre catégories administratives (« nomades », « gens du voyage ») et désignations ethniques (Bohémiens, Gitans, Manouches, etc).
C’est au nom de ces lois que bon nombre de nomades de France ont été assignés à résidence dès le 6 avril 1940 par l’Etat français, puis internés dans des camps d’internement quelques mois plus tard, à la demande allemande, et ces internements ont pu se prolonger jusqu’en mai 1946, soit bien après la libération.
Actuellement, c’est toujours au nom de ces lois que les gens du voyage sont renvoyés à un statut de citoyens de deuxième zone et même de classe dangereuse comme en témoigne, entre autres, l’astreinte liée au carnet de circulation qui doit être visé par les autorités tous les trois mois, et ce dès l’âge de seize ans.
Qu’en est-il de l’existence d’un patrimoine matériel ou immatériel chez des familles considérées comme nomades ? Peut-on parler « d’art tsigane » ? Et quelle est la place d’institutions politiques, religieuses dans cette problématique ? De même l’éducation nationale doit-elle prendre en compte une spécificité « tsigane » ? Ou bien une particularité « nomade » ? Et qu’en est-il de la reconnaissance par l’Etat français de l’internement dont bon nombre de familles ont été victimes mais qui n’aiment pas en parler ?
Le projet de ce colloque est alors de réfléchir à cette problématique à travers des interventions relevant des domaines juridiques, historiques, pédagogiques, anthropologiques mais aussi médiatiques, politiques et artistiques.
C’est pourquoi des personnes n’appartenant pas au réseau habituel des chercheurs, tels que des témoins, des représentants associatifs, des journalistes et des hommes politiques ont été également invitées à se prononcer.
Contact presse : Jean-Luc Poueyto, ITEM, jean-luc.poueyto@univ-pau.fr






